BTS D'INFORMATIQUE INDUSTRIELLE - SESSION DE 1994

Académies de Paris, Créteil et Versailles

EPREUVE ÉCRITE D'ANGLAIS


RAPPORT DE LA COMMISSION D'ANGLAIS

LONGUEUR, DIFFICULTÉ ET PERTINENCE DU TEXTE

Le texte proposé pour compte rendu était d'un tiers plus long que le texte de la session 1993 (90 lignes et 1100 mots contre 60 lignes et 700 mots). Le passage à traduire n'était, pour sa part, qu'un tout petit peu plus long que celui de 1993 (16 lignes contre 14). Compte tenu de la durée de l'épreuve (2 h), les candidats ont donc manqué de temps pour soigner leur expression, voire, chez certains, pour s'attaquer à la traduction. A défaut d'un allongement de la durée de l'épreuve (30 mn par ex.), un raccourcissement du texte proposé aurait été le bienvenu.

Le texte se prêtait bien à un compte rendu de type linéaire, modèle d'ailleurs adopté par la majeure partie des candidats. L'exercice ressortissait davantage du condensé que de la synthèse.

Comme les sujets des trois dernières années, le texte était tiré de la revue américaine de micro-informatique Byte. Certainement, il existe d'autres sources que cette revue – au demeurant d'excellente qualité – pour trouver des sujets. D'autre part, le thème abordé – l'intégration envisagée de la reconnaissance d'écriture et de la reconnaissance de la parole – n'est pas encore du domaine de la réalité : le texte n'était donc qu'une longue glose sur une technologie qui, en définitive, pourrait très bien n'en rester qu'à l'état de virtualité.

LE COMPTE RENDU

Le français, comme le soulignent plusieurs correcteurs, est souvent approximatif, incorrect, indigent, etc. La syntaxe est pauvre. Nombre de comptes rendus ne sont que la juxtaposition de phrases simples, sans articulation entre elles. D'ailleurs, les mots de liaison du texte anglais n'ont manifestement pas été reconnus par nombre de candidats.

De trop nombreuses copies abondent encore en anglicismes :

- to enter (saisir) traduit par entrer,

- to control (commander, gérer) rendu par contrôler,

- editing (correction, mise en forme) traduit par édition,

- to generate (produire, créer) rendu par générer,

- challenge (défi) traduit par challenge.

Quelques copies cependant émergent du lot, rédigées dans un français impeccable et montrant une excellente compréhension de l'anglais.

LA TRADUCTION

Lorsqu'elle a été faite, la traduction a souvent été bâclée faute de temps.

Les mots de liaison, nombreux dans ce bref passage, ont été mal traduits, voire ignorés, ainsi however, yet, in addition, either ... or, for instance, thereby, etc.

L'énumération elliptique Information Entry and Control (Saisie et manipulation des données) a souvent été mal traduite, au pire par « informations d'entrée et de contrôle », au mieux par « entrée d'informations et contrôle ».

Pourtant, mots de liaison et structures du type énumération ou empilement font partie des caractéristiques de l'anglais technique avec lesquelles nos étudiants devraient être familiarisés.

L'infinitif complet exprimant le but n'a pas toujours été reconnu (To enter a name that is unknown to the speech recognizer) (Pour saisir un nom...).

Certaines phrases ont donné lieu à un véritable florilège de traductions sans queue ni tête. Ainsi, to avoid repeatedly shifting your eyes between the paper and the screen (pour éviter l'incessant va-et-vient visuel entre la feuille et l'écran) a donné :

- pour éviter la répétition du regard entre la feuille et l'écran

- pour éviter de regarder répétitivement entre le papier et l'écran

- pour éviter de promener vos yeux en la feuille et l'écran

- pour éviter que vos yeux permutent continuellement entre le papier et l'écran

- tout en regardant alternativement entre vos yeux

- entrer un grand mot, tu pourrais éviter de le décaler répétitivement de votre oeil entre le papier et l'écran

- vous devez balayer vos yeux entre le papier et l'écran (exemples pris dans un lot de 40 copies consécutives).

Enfin, l'utilisation laxiste des modes et des temps que se permet l'auteur américain (passage du conditionnel à l'indicatif :  you could voice it..., you could write it, speech input would have to be supplemented, where the spoken input should go, puis A good solution is to point, where pen or voice is better, Sometimes it will be easier...) a dérouté plus d'un candidat.

LES RÉSULTATS

La moyenne des copies s'établit à 8 sur 20, mais ce chiffre recouvre évidemment des disparités, les correcteurs n'ayant pas hésité à majorer les copies sortant du lot et à donner aux copies nulles ce qu'elles méritaient.

LA SESSION DE 1995

1995 doit voir le renouvellement du contenu de l'épreuve d'anglais.

Les candidats auront à exploiter une documentation en 2 ou 3 pages relative à deux au moins des trois éléments suivants :

- un matériel informatique,

- l'utilisation d'un logiciel,

- la partie explicative d'une notice d'exploitation ou de maintenance.

Nous aurons donc peut être affaire désormais à des documents de nature véritablement professionnelle ou industrielle.

Les questions posées, au nombre de deux au moins, de trois au plus, consisteront en

- un compte rendu traditionnel,

- la traduction de quelques lignes,

- éventuellement un légendage en français d'un schéma.

Notons que toute possibilité d'expression en anglais disparaît avec la suppression de la question du type What are the advantages and drawbacks of...).

Une innovation notoire : l'usage d'un dictionnaire non plus bilingue mais unilingue, ce qui paraît en contradiction avec les nécessités du compte rendu et de la traduction en français. Les candidats seront donc confrontés non seulement à la difficulté d'appréhender un texte technique mais aussi au déchiffrement laborieux de définitions en anglais... Situation tout à fait réaliste puisqu'il est évident que chaque informaticien de métier ne manque pas de recourir à un dictionnaire anglais-anglais dans ses activités professionnelles. Voilà donc le français interdit même de dictionnaire d'informatique !

Pour les membres de la Commission d'anglais, le Président

Christian Lassure

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